lundi 11 mars 2013

Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll

Résumé pas forcément Nayiesque :

Qui a déjà vu un lapin blanc chercher ses gants, une chenille fumer un calumet, un chapelier tenter de faire entrer un loir dans une théière, un paquet de cartes jouer au croquet? Alice, bien sûr! Alice qui, par un bel après-midi d'été, a glissé au fond du puits vertigineux des rêves. Nous voici entraînés à sa suite au "Pays des Merveilles", dont chaque recoin cache une surprise où se mêlent logique et absurde. Et, comme Alice trop grande ou trop petite, nous ne cessons jamais de nous étonner!

L'avis tout à fait Nayiesque :


S'il n'y avait qu'un livre susceptible de plaire à tout le monde que je devrais retenir, ce serait bien celui-ci. Il a en effet une place toute particulière dans mon coeur. Tout d'abord, sachez que contrairement à beaucoup, j'ai bien lu le livre avant de voir la version - très - radoucie de Disney. Ayant appris à lire très tôt, j'ai du le lire alors que j'avais cinq ans à peine. Je n'ai eu aucun problème pour plonger dedans, mais surtout, l'univers du pays des merveilles m'a totalement fascinée, si bien que je pouvais réciter les échanges absurdes à la table du Lièvre de Mars chaque soir avant de dormir. Je voyais la lune comme le sourire du chat, et ça me suffisait à passer une bonne nuit. 

L'univers du pays des merveilles est d'ailleurs inépuisable semblerait-il, je ne m'attarderais pas sur les nombreux représentant de l'adaptation. Pour ne citer qu'un des plus connus, je ne peux pas m'empêcher de toucher un bref mot sur American McGee's Alice et sa suite Alice : Madness Returns qui sont une des raisons pour lesquelles je veux avoir 18 ans (et surtout être moins sensible). Le côté sombre est plus souvent exploité dans les adaptations, mais nous y reviendrons plus tard.

Bref, ce livre, j'ai fini par ne plus y penser tout le temps bien évidemment, mais il restait bien marqué comme le livre de mon enfance. Et puis, il y a quelques semaines, j'y ai soudainement repensé. J'ai essayé de me remémorer les dialogues que je connaissais par coeur. Et là, j'ai eu un grand moment de panique : je ne me souvenais plus de rien ! J'ai donc cherché le livre désespérement, pour enfin y passer ma nuit. 

L'absurdité de ce livre est ce qui en fait son plus grand charme. Je pourrais vous citer par coeur des tas d'échanges les plus absurdes les uns que les autres, mais vous n'êtes pas là pour m'entendre déblatérer mes passions, je vous épargnerai donc ça pour cette fois. 

Absurdité, certes, mais qui s'enchaîne dans une certaine logique. La logique absurde ! Seulement, Alice ne peut que raisonner rationnellement, comme elle vient d'un monde où tout est rationalité ! Elle s'étonnera donc continuellement sur ce qui l'entoure, tandis que le lecteur suivra les pensées de la petite fille qui semblent faire tâche dans ce monde de merveilles. Ce qui est amusant, c'est de voir comme on perçoit Alice comme l'intruse dans cette histoire, alors que c'est bien elle la seule personne normale ! 

Un autre point fort de ce livre est bien sûr la facilité avec laquelle on peut s'identifier au personnage principal. Alice n'est qu'une petite fille comme toutes les autres, après tout, et on a aucun mal à s'imaginer être elle. Les réactions qu'elle a sont compréhensibles, et pourtant on s'acharne à penser qu'elle ne réfléchit pas assez... Ou peut-être trop ?

Mais derrière ce monde enfantin et fascinant, se cache autre chose que j'ai découvert à cette seconde lecture. Dans tous les thèmes qui peuvent être abordés, il y en a un que j'affectionne tout particulièrement : celui de la folie. Le Chat de Chester l'illustre d'ailleurs parfaitement. Et c'est parti pour le moment "je connais par coeur des extraits d'Alice au pays des merveilles, et ça ne sert à rien".

 - Dans cette direction-ci, habite un Chapelier ; et dans cette direction-là , habite un Lièvre de Mars. Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils sont fous tous les deux.
- Mais je ne veux pas aller parmi les fous. 
- Impossible de faire autrement. Nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Tu es folle.
- Comment savez-vous que je suis folle ? 
- Tu dois l’être, autrement tu ne serais pas venue ici.

Le monde d'Alice flirte ouvertement avec la folie, mais avec une légèreté impressionnante, amusante et à la fois plutôt inquiétante. Il est très difficile d'intégrer qu'Alice est bien folle, alors on pense bien sûr que c'est un rêve. Mais qui a dit qu'elle dormait vraiment, lorsque sa soeur la "réveille" ? Il se peut qu'elle avait juste les yeux fermés et qu'elle pensait vraiment vivre tout ce qu'elle voyait. Rien ne nous l'indique, mais rien ne nous indique le contraire non plus. Car l'explication d'un rêve est bien trop rationnelle par rapport au reste du livre. Et pourtant, c'est une fin incroyable en même temps.

C'est là que nous en venons donc au côté noir d'Alice au pays des merveilles. Et comme je suis une tordue de première, vous vous doutez certainement que ça ne me fait qu'ajouter de l'adoration à ce livre. Dans de nombreuses adaptations dans lequel le "Wonderland" figure, il est représenté de manière plutôt sombre, mais toujours aussi absurde, et par conséquent attirante. J'ai déjà cité American McGee's Alice et sa suite, mais je pourrais rajouter par exemple Tokyo Alice, un visual novel semblant plus qu'intéressant, ou encore la chanson Alice Human Sacrifice. Notons que dans les chansons de Vocaloid, le principe "d'une Alice" est souvent exploité, ce que je trouve très intéressant. 

Alice au pays des merveilles est un livre que je pourrais défendre coûte que coûte, que ce soit contre les adaptations ne faisant pas honneur à l'oeuvre( mais merde, le Chat, c'est un Chat pas un mec, et en plus il est interdit de l'appeler Boris !) mais aussi contre la critique. Un des livres qui m'a le plus marqué et que je n'oublierai jamais, ça j'en suis certaine maintenant !

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