dimanche 19 mai 2013

Marche ou crève de Stephen King

Résumé pas forcément Nayiesque :

Mieux que le marathon... la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l'arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition... sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n'est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l'aboiement des fusils. Le pire c'est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu'il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L'aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l'odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout., Mais pour quelle victoire ?

L'avis tout à fait Nayiesque :

Dans sa vie, chacun a au moins lu un Stephen King. Il fait partie de ces auteurs que tout le monde connaît, par son style inimitable, il s'est imposé maître en matière d'horreur. Tout le monde en a lu un. Sauf moi. Ce n'était pas l'envie qui manque, mais on ne dirait pas parfois, pourtant je suis vraiment une petite nature. Je ne fais pas partie des gens qui aiment se faire peur, à la limite j'aime bien quand c'est légèrement stressant, mais ça ne va pas plus loin. Étonnamment, en bouquin, je n'ai aucun problème avec le gore. Je me suis donc renseignée pour voir quel livre je pourrais lire avec ces précisions, et c'est Marche ou crève qui a été cité. Je n'ai pas hésité une seconde pour me lancer dans cette Longue Marche.

Dés le début, nous suivons Ray Garraty (en vrai c'est Raymond, mais bon, Ray c'est beaucoup plus classe) qui s'apprête à partir. Il est sur la ligne de départ, rencontre deux ou trois autres candidats, et le livre démarre directement. 

En fait, Marche ou crève, techniquement, ne sert à rien. C'est à dire qu'à la fin, on est autant avancé qu'au début, que rien ne nous sera expliqué. Le seul à détenir la clé de l'histoire est King (et encore, rien n'est moins sûr...). 

On a 100 marcheurs, et on les suit durant tout le livre, dans leur souffrance perpétuelle. Evidemment, on s'attache à eux. Et bizarrement, je ne me suis pas du tout focalisée sur le personnage principal. Pendant tout une partie du livre assez plate je me disais "McVries, McVries, McVries, BORDEL VIENS MCVRIES, McVries, McVries". Alors oui, j'ai beaucoup aimé ce personnage, comme je viens de vous le faire subtilement comprendre. 
Ils disparaissent un à un, tous ces marcheurs. Je crois que le pire n'était pas quand c'était un dont je connaissais le nom et dont j'étais véritablement affectée par la mort qui prenait son ticket ; c'était quand c'était un que personne ne connaissait avant qu'il ne le prenne. Et je me disais "encore un de moins, on approche de la fin". Ca me donnait vraiment l'impression de faire partie de cette foule à la con que je détestais pour ne pas comprendre les candidats qui souffrait. Mais en même temps, ceux dont on ne parle pas, je m'en foutais royalement également... Ce qui est vraiment flippant, quand on y pense...

Je dois avouer qu'il y avait certains moments un peu long, mais rien de bien méchant. Parce que quand tu lis ce livre, tu te dis, "allez, je lis le prochain chapitre juste pour voir." A chaque fin de chapitre. Je ne le lâchais que quand j'y étais forcée (malheureusement, je l'ai été beaucoup...). 

Ce qu'il y a de plus dur à accepter avec ce livre, c'est sa fin. Mes réactions se sont déroulées dans un ordre bien précis. 
=> C'EST FINI ?
=> Putain de bordel de fin ouverte de merdeeeeeeeeuuuuuuuuuhhhhhhhh *casse un vase, une télé, et une vieille dame qui regarde des chiffres et des lettres*
=> ... C'était un bon livre. Mais bordel.

Si vous aimez que tout soit expliqué précisément, passez votre chemin, vous allez être frustrés à un point presque inhumain. Déjà que j'ai du regarder des photos de Dio et de chatons pendant une heure pour oublier cette fin ouverte que j'aurais bien poignardée sans prendre de gants roses à petits pois verts, ça va être encore pire pour vous.

Maintenant, rapide tour du côté des personnages. 
Comme pour la plupart du temps, je n'en présenterai que trois, non seulement parce que en présenter 100 ça va pas durer trois secondes, mais aussi parce que je suis atteinte de flemmite aiguë. 

Tout d'abord, nous avons Garraty. Dés le départ, on sait qu'il va "gagner", ce n'est un scoop pour personne. Je l'ai déjà dit un peu plus haut, je n'étais pas nécessairement à fond sur lui. Il a néanmoins une psychologie très intéressante et son passé avec Jan revient assez régulièrement, néanmoins pas trop de façon à ce qu'on en ait jamais assez. Vers la fin, il est d'autant plus captivant. 

Parlons peu, parlons bien de Stebbins. Stebbins, c'était le solitaire, le mec qui ne voulait parler à personne, mais surtout celui qui était le plus qualifié pour remporter la Longue Marche. Il m'a beaucoup intrigué. On a vu à certains moments qu'il n'était plus lui même, et c'était véritablement flippant. 

Et puis on finit par mon personnage préféré. Vous l'aurez compris, ce n'est pas le chat de votre voisine, mais McVries. Aaaaah, Mc Vries, Mc Vries, il regroupe tout ce que j'aime chez un personnage. Il est pas délicat pour un sou, il fait des allusions pas très catholiques sans passer par quatre chemins, il est drôle, un peu cynique, torturé et a une putain de cicatrice en-dessous de l'oeil. Bref, pour résumer, il est carrément badass.  En plus, son passé et la manière dont il le raconte est juste génial. En gros, je l'adore quoi.

Marche ou crève est donc un excellent livre à néanmoins déconseiller aux âmes très sensibles au niveau de l'ambiance générale qui est ici très dérangeante ou aux amateurs de fins claires et nettes. Autant pour l'écriture que pour les personnages et l'histoire, c'est une réussite sur tous les tableaux !




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